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5 romans équestres oubliés7 min read

Le-roman-de-lecuyere

Retour des  beaux jours = lecture de romans équestres, allongée dans l’herbe fraîche. Voilà une équation printanière à laquelle je ne déroge pas.

Les Souvenirs équestres de François Baucher vous ont laissé sur votre faim ? Vous connaissez par coeur le Milady de Paul Morand ? Vous avez déjà relu tout Jean-Louis Gouraud ? Vous êtes en manque d’une émotion équestre littéraire nouvelle, mais qui conserve le charme de ces temps passés où le Cheval, c’était tout dans une vie ? Dans cet article, je vous dévoile quelques trésors oubliés que j’ai eu la chance de découvrir sur Gallica (ou ailleurs).

Le comte de Lancosme-Brèves, par Henri Navelet

Comte de Lancosme-Brèves

Un petit bouquin de 80 pages plein d’illustrations, qui raconte la vie fabuleuse du Comte de Lancosme-Brèves à coups de prouesses fantastiques du type :

« On le vit à Paris descendre de l’Etoile aux Tuileries sur un cheval sans bride, galopant à rebours avec la vitesse qu’un bon trotteur atteignait à peine. »Le comte de Lancosme-Brèves, Henri Navelet

Ou encore :

« Un jour, il gagna le prix d’une course de 32 kilomètres (32 kilomètres !), parcourus en moins de 52 minutes. »Le comte de Lancosme-Brèves, Henri Navelet

(Ne vous fatiguez pas à calculer, je l’ai fait pour vous : ça fait du 37 km/h environ)

A côté, l’étalon noir de notre bibliothèque verte fait figure de petit joueur. Bref, distrayant.

Cliquez ici pour télécharger « Le comte de Lancosme-Brèves » sur Gallica >

Le roman de l’écuyère, par la Baronne de Rahden

Couverture du livre "Le roman de l'écuyère", un roman équestre oublié

La baronne de Rahden n’a pas toujours été baronne. Elle n’est pas née destinée à une carrière d’écuyère offrant des représentations à Copenhague, à Paris, à Turin, à Lisbonne…, jusqu’à à monter son propre cirque. Son histoire, c’est l’histoire d’une jeune fille provenant d’une bonne famille ruinée qui décide de tenter une carrière d’écuyère plutôt que de se marier ; c’est l’histoire d’une femme qui, en poursuivant son rêve, vogue une vie durant entre succès et désillusions.

De l’obstination passionnée dans laquelle de nombreux cavaliers se reconnaîtront :

« Mon père avait toujours d’élégants équipages et de superbes chevaux de selle. Chose étrange ! Je me sentais bien plus attirée et intéressée par les chevaux que par les relations avec les amies de mon âge ou d’autres distractions. En grandissant, je n’avais d’autre désir que celui d’être autorisée à suivre mon père dans ses promenades à cheval. »Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

Du danger :

« On m’offrit le rôle dangereux de Mazeppa qui, lié sur son cheval, traverse, en une course furieuse, l’affreux désert du steppe. C’était une course mortelle, dans toute l’acception du mot. Le cheval qui me portait escaladait tous les soirs, au triple galop, une terrasse abrupte, formée par une rampe étroite. Un faux pas de l’animal, un bruit imprévu, ou quelque incident dans la salle qui l’effrayât, et j’étais fracassée avec lui. »Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

Et de l’humour malgré tout :

« Madame, dit-il, votre numéro est brillant. Vous avez plongé le public dans le ravissement. Je vous engage pour cinq mois. Mais la partie la plus ébouriffante a été votre fameux truc, la culbute en arrière avec votre cheval ! C’est vraiment unique, superbe ! »

Je regardai avec ébahissement ce brave connaisseur d’hommes et de chevaux.

« Ecoutez, monsieur le Directeur, vous appelez cela un truc ! Je remercie le bon Dieu de m’en être tirée les membres intactes et la vie sauve ! »

Ce bon M M……. demeura tout saisi et décontenancé…Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

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Histoire d’un cheval, par le Comte Dillon

« Il ne m’appartient pas, ici, de rédiger un précis d’équitation ou de dressage, il en existe de parfaits. J’exposerai les faits saillants de l’existence de Fantôme, montrant ainsi ce qu’on peut obtenir d’un cheval et les joies qui en résultent. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

Fantôme monté par le roi d'Italie

Fantôme, c’est un cheval un peu difficile qui, sous l’égide de son dresseur, devient premier de la classe. Je n’en dirais pas plus, je vous laisse avec ces quelques passages qui, je l’espère, suffiront à vous mettre l’eau à la bouche.

 

Du beau dressage :

« PROGRAMME

Arrivée au passage accéléré. Salut à MM. les membres du Jury. Travail au galop comprenant : des serpentines avec trois changements de pied sur la ligne droite, le quatrième sur la piste.

Des contre-changements de main avec deux changements de pied tous les deux temps sur tout le pourtour du manège. Détente au galop, ralentissement.

Galop en arrière en arrivant devant le Jury, détente brusquée au galop avec allongement d’allure rapide, ralentissement, puis au pas et reprise du passage avec allongement et ralentissement. Arrêt. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

De la mignonnerie la plus délicieuse :

« Je vous remercie mille fois des éloges que vous avez eu la bonté de m’exprimer ; je suis heureux d’avoir pu vous être agréable ; Fantôme les mérite plus que moi, veuillez lui faire une caresse, je suis certain qu’il la comprendra, il y a toujours été très sensible. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

Du bon cheval d’extérieur :

« J’étais fort ennuyé. Toutefois, il m’avait semblé que Fantôme durant le parcours que je venais d’effectuer avait mis une certaine résistance lorsque j’avais pris une allée qui me semblait être dans la direction de Compiègne.

J’eus l’idée de le laisser aller là où il voudrait, pensant qu’en tout cas, il me mènerait quelque part en dehors de la forêt où nous pourrions nous abriter et dîner.

Il partir et environ une heure après j’arrivais à Compiègne ! »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

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Aventurières et courtisanes, par Roger de Beauvoir

mlle Caroline Loyo, dont les aventures et le talent ont fait rêver Paris

« Aventurières et courtisanes », c’est un ouvrage de plus de 300 pages paru en 1859. Il contient près d’une vingtaine de nouvelles relatant les péripéties de femmes, comme l’indique le titre, aventurières.

L’une de ces nouvelles relate la folle épopée de Caroline Loyo (première écuyère de haute-école au cirque et élève de Baucher) et de son cheval Mahmoud partants à la conquête de Londres (à l’époque, il n’y avait pas l’Eurostar).

Juste un passage, en guise de mise en bouche :

« Je vais donc quitter Paris, reprit-elle, Paris que j’aimais, que je déteste maintenant ! Je vais m’enfuir seule, seule au monde avec Mahmoud ! Londres, m’a-t-on dit, possède un cirque d’été comme il n’en existe pas à Paris ; (…) partons, je reviendrai riche ! »Aventurières et courtisanes, Roger de Beauvoir

Vous trouverez l’histoire de Mahmoud à partir de la page 65 et de la page 71 : attention, il y a un piège : un petit mélange, au début, entre les pages de Mahmoud et celle de la nouvelle suivante (ou précédente ?) Lolla Montès.

Cliquez ici pour télécharger « Aventurières et courtisanes » sur Gallica >

Koenigsmark, de Pierre Benoît

Koenigsmark, de Pierre Benoît est un livre que j’ai déjà mentionné à l’occasion de ma nomination aux Liebsters awards. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman équestre, mais les aventures, en filigrane, de la duchesse Aurore et de son « sacré petit barbe » m’ont ravi. Lisez plutôt :

« – La grand duchesse me paraît bien calme aujourd’hui comme écuyère, lui dit-il.

– Y pensez-vous, répondit la jeune fille, haussant les épaules sans retourner la tête. Elle a fait verser deux bouteilles d’extra dry dans l’avoine de Tarass-Boulba. C’est vous dire.

– Tarass-Boulba. C’est son cheval ? demandai-je.

– Oui, un sacré petit barbe, vous le voyez, poilu comme une descente de lit. Elle a ramené ça des marais de la Volga. Laid, méchant, têtu. Toujours est-il qu’il n’y a qu’elle qui peut le monter. Il menace d’enlever la figure aux palfreniers. Elle, elle en fait ce qu’elle veut. »Koenigsmark, Pierre Benoit

Cliquez ici pour télécharger Koenigsmark sur Archive.org >

Bonus : Histoires vécues, par Jean-Max Lecaille

PS : ok, j’avais dit 5, mais je ne résiste pas.

Quelqu’un se souvient des petites anecdotes de Jean-Max Lecaille ? Vous savez, celles qui paraissaient dans Cheval Mag. Mais si. Bon, il faut que je l’avoue, j’ai moi-même très peu lu Cheval Mag. Mais une amie m’a prêté récemment ces deux tout petits bouquins : « Histoires Vécues » et « Le paradis est à cheval« . Quel régal !!!

Et vous, vous avez des bons plans lecture à me recommander ?

Maintenant que je vous ai donné tous mes bons plans, à vous ! Je suis en galère de lectures distrayantes, aidez-moi 🙂

Merci d'avoir lu cet article 🙂

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