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Guide de préparation physique du cheval14 min read

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Voilà un bouquin sur lequel je suis tombée presque juste après que mon cheval soit rentré dans ma vie. Je m’étais dit chouette, des programmes tout prêt et des exercices bien illustrés, c’est parfait pour travailler ma louloute toute seule. Je l’ai lu une première fois dans ce sens, et j’ai depuis intégré quelques uns des exercices à nos routines quotidiennes. Le livre est resté au placard un moment. Pendant sa relecture, pour ce défi, je me suis rendue compte que j’étais passé à côté de l’essentiel.

Résumé du livre

Cet ouvrage enseigne comment renforcer le tonus musculaire du cheval, comment le guider vers l’attitude idéale et l’aider à être au meilleur de sa forme tout au long de sa vie, quels que soient son âge et sa discipline.

Introduction

« 50% de temps consacré au travail proprement dit, 50% à la préparation physique. Le premier ne doit jamais prendre le pas sur le second. »

Jec Aristotle Ballou a passé sa vie avec les chevaux, mais c’est aussi une athlète pluridisciplinaire (compétitrice en VTT, aviron, basket). Elle décrit les écueils qu’on peut rencontrer à travailler un cheval en mode mono discpline, écueils qui peuvent être dûs à un manque de condition physique, de puissance, de coordination ou de souplesse. Assurer une bonne condition physique de base au cheval est au moins aussi important que le travail spécialisé à la discipline pour laquelle l’animal est formé.

Il n’y a pas que la préparation physique à prendre en compte : Importance de l’accès à un paddock et des relations sociales pour garder un cheval physiquement et mentalement apte au travail. Si on a pas d’autre choix que de mettre son cheval en box (ce qui est son cas, en Californie), Jec proposes quelques idées concrètes.

Importance également de l’alimentation. Les points clés de ses recommandations :

  • On préfère les céréales aux granulés concentrés et industrialisés
  • On donne un max de foin et souvent et on le fait analyser régulièrement
  • On réajuste la ration du cheval à la baisse lorsque le niveau d’activité baisse
  • On ajoute de l’eau à la ration ou au complément pour rendre la nourriture plus digestible
  • On n’hésite pas à ajouter du sel de mer non raffiné à l’alimentation pour les minéraux (3 cuillerées à café par jour pour refaire le plein d’électrolytes et encourager le cheval à boire)
  • On évite les friandises transformées, on préfère par exemples les pommes (mais toujours sans excès)
  • Attention à ne pas suralimenter les jeunes

1 – Le fonctionnement musculaire

« Vous ne pouvez vous contenter de vous fier à ce qui est visible. »

Pour Jec, des connaissances rudimentaires en anatomie sauveraient bien des cavaliers… et leurs chevaux. Car les chevaux sont capables de travailler malgré les tensions, tensions qui, bien qu’invisibles, sont pourtant présentes. Au cavalier d’être ultra vigilant dans son travail quotidien. Jec décrit donc le fonctionnement des muscles et de la façon dont ils gagnent en force ; de la propagation des tensions ; comment amener le cheval à une bonne condition physique ; l’importance de faire en sorte de développer une musculature symétrique. Elle jalonne son récit de recommandations concrètes pour apprendre à évaluer la condition physique du cheval :

  • Comment surveiller la respiration du cheval, et comment encourager une respiration pleine, profonde et relaxée – la plus favorable à une bonne oxygénation des muscles.
  • Comment utiliser les traces de transpiration du cheval comme une indication de son état de forme et de la façon dont il a travaillé
  • Comment jauger la qualité des muscles au toucher, et le faire régulièrement sur tout le corps pour évaluer la qualité du travail.
  • Jauger la symétrie (ou la dissymétrie) du cheval et adapter le travail en conséquence

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2 – Les règles générales de la condition physique

Les cavaliers ont tendance à sous-estimer l’impact physique du travail pour le cheval : encore une fois, c’est un travail de longue haleine qui nécessite une attention au quotidien. Quelques pistes pour bien évaluer cet impact et suivre l’évolution de la condition physique :

  • l’attitude
  • le rythme cardiaque
  • la transpiration
  • l’évaluation de la réponse du cheval à 4 critères via une série d’exercice
  • la vitesse de récupération

« Il faut quelquefois trois ans d’exercice régulier et d’une certaine intensité pour qu’un cheval atteigne l’apogée de sa condition physique. »

Que faut-il pour mettre un cheval en forme ? Jec apporte quelques conseils concret pour gérer la progression d’un jeune cheval (à 3, 4 et 5 ans), et aussi pour garder un cheval d’âge en bonne condition (de précieuses pistes pour le garder en activité sans intensité et les points d’attention à garder à l’esprit).

Jec effectue également un petit zoom sur l’anatomie du pied, en insistant sur son importance et en encourageant les cavaliers à mieux se renseigner sur cette partie du cheval.

3 – Travail contre préparation physique

« En résumé, la façon dont un cheval travail détermine 1) s’il va devenir plus puissant et plus en forme grâce à cet exercice, 2) s’il ne va en tirer aucun bénéfice ou 3) s’il va en pâtir. »

Dans ce chapitre, Jec redéveloppe l’idée – déjà abordée dans le chapitre sur le fonctionnement musculaire – qu’il faut envisager le corps du cheval comme un système complexe. Dans ce système, chaque partie est interdépendante des autres. Cela signifique qu’une action sur une partie a généralement des répercussions sur une ou plusieurs autres parties. Un exemple concret est celui de l’effet de la mâchoire sur le reste du mouvement. Pour aider le cheval à se décontracter la mâchoire – avec pour conséquence de mieux utiliser tout son corps – il faut lui desserrer la muserolle dans le travail, mais aussi adapter son mode de vie (nourriture au sol, davantage de foin, etc).

Jec propose ensuite un programme pour un cheval entre 3 et 15 ans à remettre en condition physique, ainsi qu’un programme d’entretien pour un cheval en condition.

Neufs exercices sont proposés dans ce chapitre, incluant des exercices d’endurance, de coordination, de renforcement musculaire, ainsi qu’un massage.

4 – L’attitude, facteur déterminant de la puissance

Une bonne utilisation des muscles posturaux détermine la qualité de l’attitude du cheval et la longévité de sa carrière athlétique. Le travail dans une attitude excessivement contrainte peut faire autant de dégâts que lorsque le cheval est monté sans recherche d’attitude spécifique.

L’utilisation de la tête et de l’encolure détermine dans une grande mesure si le cheval utilise ou non ses muscles posturaux. Jec décrit de façon synthétique mais très clairement l’effet d’une bonne utilisation sur le fonctionnement squelettique et musculaire du cheval. Seulement, voilà la grande question :

« La question première, c’est de savoir si le cheval étire son encolure dans une bonne position, ou s’il se contente de la « poser » là, et de l’y tenir, statiquement. Seul le premier geste peut en faire un meilleur athlète au quotidien. »

Comment, donc, savoir si cheval utilise correctement ses muscles posturaux ? Jec offre ces deux pistes :

  1. d’abord, il y a la sensation du cavalier, qui doit sentir que l’encolure sort de façon – je cite – « téléscopique ». La sensation ressentie doit être la même que lorsque le cheval s’étend vers le bas pour flairer un objet au sol.
  2. ensuite, il y a l’observation de la posture du cheval au travail par un tiers : une légère dépression dans le dos juste derrière la selle indique un dos creusé et mal utilisé, même si la position de la tête semble correcte. Cette zone doit être plane et arrondie.

Maintenant que l’on comprend la nécessité d’une bonne posture, ce qu’elle implique, et comment l’évaluer, une dernière question se pose – comment rendre le cheval plus fort. Jec propose l’analogie avec le yoga ou le pilates : « des exercices de base réalisés dans un bon alignement, dans l’équilibre, et avec une respiration rythmée« . Et ce sont dix de ces exercices de base qui accompagnent ce chapitre. Jec conclut avec un petit focus sur le reculer, exercice extrêmement bénéfique, à pratiquer régulièrement dans la recherche d’une impeccable rectitude.

5 – Détente et récupération

« Je vous encourage à réfléchir chaque jour : votre détente est-elle une véritable préparation au travail à venir, où vous contentez-vous de lui demander de se déplacer sans but précis ? »
Guide de préparation physique du cheval, Jec A. Ballou

La préparation du cheval à l’effort impacte directement les bénéfices qu’il tirera de cet effort. Autant ne pas négliger cette préparation.

La première partie de l’échauffement consiste à faire quelques instants de pas rênes longues. Cette phase permet au cheval de s’ajuster mentalement à ce qui va suivre et de dérouiller ses articulations en douceur. Mais ce n’est pas suffisant. Ensuite, il faut échauffer les muscles en augmentant progressivement l’intensité des exercices. Pas de règle figée pour cela – tout dépend du cheval, mais quelques lignes directrices : garder le cheval dans une bonne attitude, commencer par des figures simples et larges, le trot doit être enlevé et l’assiette au galop légère.

Pour la récupération, diminuer graduellement l’intensité des execices. Terminer en marchant le cheval monté ou en main pendant 10 à 15 minutes pour éviter les courbatures et les raideurs.

Pour mettre en pratique ces recommandations, sont présentés en fin de chapitre des étirements et des exemples de figures destinées à l’échauffement ou à la détente.

6 – Une encolure puissante

Le port de l’encolure détermine la locomotion tout entière, parce que sa position décide des réflexes du reste du corps.

La position de la tête affecte la posture et les mouvements de l’ensemble du corps – c’est le cas, si j’ai bien suivi, de tous les êtres possédant une colonne vertébrale.

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Lorsque le cheval utilise mal son encolure, le tronc s’affaisse avec le temps – Jec illustre ces propos avec un schéma explicatif très parlant.

Il n’existe pas une attitude figée qui est la « bonne », mais une palette d’attitudes de l’encolure qui permet au cheval d’utiliser son corps correctement. Lorsqu’on a bien compris le chapitre à propos de l’attitude, c’est assez facile à concevoir.

Ce chapitre comporte également un bel encart sur la dyssimétrie du cheval et la façon dont le cavalier peut la générer en laissant le cheval se mouvoir sans recherche de rectitude.

Enfin, Jec nous fournit une façon d’évaluer que le travail est rondement mené : il suffit d’observer la façon dont se développent les muscles de l’encolure. Les muscles du dessous de l’encolure ne doivent pas se développer (une gorge de pigeon est mauvais signe), tandis que la crête doit s’arrondir de la nuque au garrot. Une petite zone plate juste devant le garrot doit se remplir et s’arrondir.

Six exercices sont proposés pour mettre en pratique les enseignements de ce chapitre.

7 – De l’importance du grasset

« De la locomotion des postérieurs sous la selle dépend la façon dont le cheval utilise ses hanches et son arrière-main.

Le grasset, c’est la jonction entre le tronc du cheval et son postérieur. Il est construit comme le genou humain, et fonctionne presque de la même façon.

Quelques moyens d’identifier une faiblesse des grassets :

  • Observer le cheval au pas de derrière – ses postérieurs doivent avancer tout droit sous son ventre.
  • Observer le cheval sous la selle, des postérieurs ne doivent pas traîner quand ils avancent.
  • Regarder le cheval négocier une pente au pas : une marche en crabe avec les hanches de côté est le signe de grassets faibles
  • Fléchissez le postérieur et masser la région : idéalement, on ne doit pas entendre de crissement ou sentir de spongiosité

Des grassets faibles peuvent être renforcés avec patience et méthode. Le point clé, c’est de s’assurer d’effectuer les exercices à une intensité dans laquelle avant-main et arrière-main effectuent un effort à égale intensité. Plus facile à dire qu’à faire, mais Jec fournit un début de solution : demander à quelqu’un de regarder ou de filmer le cheval monté aux trois allures.
De nombreux exercices peuvent être bénéfiques pour le conditionnement physique et en particulier la zone au dessus du grasset. Le travail sur un sol sableux et profond, par exemple – quoi qu’à effectuer en prenant certaines précautions indispensables pour ne pas risquer de blesser le cheval. Le travail en terrain varié est également très bénéfique, et Jec offre là encore plusieurs pistes pour l’utiliser avec efficacité.

Et tous ces bons conseils sont, comme il se doit, assortis de quelques propositions d’exercices pour un travail spécifique autour de l’articulation du grasset.

8 – L’heure des étirements

« Un muscle étiré et souple est un muscle plus fort. »

Les étirements participent à conserver les articulations en bonne santé, et à débarrasser le cheval de ses raideurs ou de ses courbatures. Un cheval au box bénéficiera mieux des étirements après une séance de travail, tandis qu’un cheval au paddock pourra en recevoir avant la séance. Quelques étirements sont proposés en fin de chapitre.

Jec recommande chaudement les services d’un massothérapeuthe équin, même pour les chevaux de loisir. Le massage en lui-même est extrêmement bénéfique aux muscles du cheval ; mais le feedback du masseur est également une ressource précieuse pour le suivi du cheval.

Une séance de massage régulière n’étant pas à la portée de tout le monde, Jec encourage le cavalier à se renseigner sur les techniques variées de massage, et à les mettre en pratique pour développer une bonne connaissance du corps de son cheval.

Programmes d’exercices

Remise en forme, entretien, programme de champion, convalescence ou prévention des blessures.

Quatre objectifs de condition physique

Condition cardio-vasculaire, renforcement musculaire, équilibre et alignement, souplesse et flexibilité

Mon avis

Que de contenu à assimiler pour un si bouquin si fin ! On aurait tôt fait de se ruer sur les pages d’exercices bien illustrer et les exemples de programmes – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je l’avais acheté, initialement.

A la relecture attentive, je découvre que la vraie richesse se trouve dans le texte qui entoure et introduit les idées exercices. Deux apports majeurs à mon sens :

  • Des clés (beaucoup !) pour évaluer soi-même la condition physique du cheval à un instant T et observer son évolution dans le temps
  • Des clés pour évaluer la qualité de la musculature à un instant T et observer son évolution dans le temps

Et sur ces deux points, Jec ne donne pas de solutions toutes prêtes. Elle propose des pistes, appelle à l’observation, à la réflexion. Je trouve que son ouvrage encourage le cavalier à développer son savoir-faire dans ce domaine bien spécifique qui permet de prendre soin de son cheval tout au long de sa vie.

Par ailleurs, cet ouvrage a été capital pour ma compréhension du travail du cheval et des effets des différents exercices sur sa condition physique et son développement musculaire. Il m’a convaincue de me pencher beaucoup plus sérieusement sur l’anatomie du cheval, et en particulier le fonctionnement des différents groupes musculaires.

Comment je l’utilise

Comme je précisais dans l’intro, la première lecture m’a permis d’adopter quelques exercices. Sans suivre un programme précis, j’ai intégré pas mal d’étirements et d’exercices en main dans nos routines quotidiennes : en quittant ou en revenant au pré, au pansage avant et après le travail, en balade.

La seconde relecture m’a permis d’enrichir mon journal de travail. Désormais, j’y ajoute des données supplémentaires sur la forme physique (cf « En pratique » ci-après). Les noter dans le journal me force à être plus attentive à ces signaux au quotidien et à développer ma compétence dans l’évaluation de la condition physique du cheval.

En pratique

Après chaque séance avec votre cheval, notez dans votre journal de travail des indications de forme physique :

  • Attitude générale : votre cheval était-il mou ? joyeux ? stressé ? attentif à vos demandes ?
  • Traces de sueur
  • Respiration
  • Rythme cardiaque si vous disposez d’un cardiofréquence mètre

Le guide de préparation physique du cheval vous intéresse ? Vous pouvez l’acheter sur Amazon :

Merci d'avoir lu cet article 🙂

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10 commentaires

  1. Pingback : Thébaine.fr, mon nouveau projet - Ekitado

    • Naja dit

      Absolument Nathalie ! Il a même été initialement publié en anglais : l’auteur est une américaine. Le titre anglophone est « Equine fitness »

  2. Pingback : [LIVRE N°1] Le guide de préparation physique du cheval – Cavalière de l'Ouest

  3. Merci d’avoir mis en avant cet article. Je le trouve particulièrement intéressant comme, je dois bien l’avouer, tous tes articles. 🙂

    • Naja dit

      <3 faut qu'on s'organise une bouffe sur Paris avec Sophie et Alexandrine ! et Honorine !

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