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Querelles dans le monde du cheval : acceptons de ne pas être d’accord

Un cavalier orienté « classique » entame une discussion avec un cavalier de concours sur facebook… Comment ça, vous connaissez la fin ?

Le scénario est classique, se retrouve sur sur tous les réseaux sociaux comme IRL et comme dirait l’autre « ça n’a jamais participé à un débat sur le Rollkür et ça se dit cavalier ». Querelles et chicaneries entre cavaliers sur tel ou tel enseignement, telle ou telle pratique, tel ou tel façon d’en arriver à un mouvement ou à un autre : voilà le lot du monde équestre aujourd’hui.

J’ai le plaisir de vous présenter ma traduction d’un article de Marijke de Jong, fondatrice de Straightnesstraining.com, enseignante à l’international et sur internet. Présente sur la toile depuis longtemps, elle a des billes pour traiter le sujet de l’appréhension des diversités d’opinion entre cavaliers avec une grande clairvoyance, et j’ai jugé indispensable de le partager.

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Dressage méthodique du cheval

Voilà un livre qu’il me tient à cœur de comprendre et d’assimiler car mon enseignant est bauchériste, et le travail que je fais avec ma jument grâce à lui est largement tiré du bauchérisme.

« Dressage méthodique du cheval » décrit la marche générale à suivre pour dresser un cheval en mode bauchérisme deuxième manière. Je préciser « marche générale » car dans l’avant-propos, Faverot de Kerbrech précise (en parlant de Baucher) :

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Guide de préparation physique du cheval

Voilà un bouquin sur lequel je suis tombée presque juste après que mon cheval soit rentré dans ma vie. Je m’étais dit chouette, des programmes tout prêt et des exercices bien illustrés, c’est parfait pour travailler ma louloute toute seule. Je l’ai lu une première fois dans ce sens, et j’ai depuis intégré quelques uns des exercices à nos routines quotidiennes. Le livre est resté au placard un moment. Pendant sa relecture, pour ce défi, je me suis rendue compte que j’étais passé à côté de l’essentiel.

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Odin aux longues rênes : la pesade

L’emploi des longues rênes

Le travail aux longues rênes est peu abordé dans les ouvrages d’équitation, et encore moins dans les ouvrages de dressage. Lorsqu’il est mentionné, il l’est dans le cadre d’une préparation à l’attelage ou d’une présentation raffinée du cheval dressé. Philippe Karl entend, avec cet ouvrage concis mais précis, donner les clés nécessaire au dresseur pour lui permettre d’utiliser les longues rênes tout au long de la progression du cheval dans le dressage.

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Don't shoot the dog, Karen Pryor

Don’t shoot the dog! comprendre et utiliser le renforcement positif – partie 1

Le renforcement positif est un outil formidable qui a sa part dans l’arsenal de l’homme de cheval. Ses applications sont nombreuses : vie quotidienne avec le cheval, infirmierie, équitation. De mon expérience, il agit comme un véritable facilitateur de communication qui enrichit la relation humain-cheval lorsqu’il est utilisé à bon escient, avec patience et persévérence.

« Don’t shoot the dog! » est le meilleur ouvrage que je connaisse et le plus complet sur le sujet du renforcement positif. L’auteur a travaillé avec des chevaux et présente occasionnellement au cours du livre des exemples d’applications avec des équidés, mais le sujet n’est pas exclusivement équin.

L’ouvrage est en anglais, non traduit en français à l’heure actuelle. Editeurs, traduisez-le ! Ce livre est bigrement utile, drôle, indispensable. En attendant une traduction, j’ai le très grand plaisir de présenter dans cet article la première partie de mon résumé francophone.

1 – Le renforcement : mieux que la récompense

Définition du renforcement

Un renforcement est n’importe quoi qui, se produisant en conjonction avec un comportement, rend à accroître ou à décroître la probabilité que le comportement se produise à nouveau.

Le renforcement positif, c’est quelque chose que le sujet veut : de la nourriture, des félicitations. Le renforcement négatif, c’est quelque chose que le sujet préfère éviter : un coup, un froncement de sourcil, un son désagréable. Le renforcement positif accroît la probabilité que l’évènement se produise, le renforcement négatif décroît cette probabilité.

Une petite carotte bien utilisée = un grand pas vers une meilleure compréhension mutuelle Crédit photo : fotoyu

Point important : on ne peut pas renforcer un comportement qui ne se produit pas. Ainsi, si vous souhaitez que votre amoureux vous téléphone régulièrement, mais qu’il ne vous téléphone jamais, vous ne pouvez pas y faire grand-chose. Si, en revanche, à chaque appel, même peu fréquent, vous êtes plaisant et agréable, vous renforcez la probabilité que l’appel se renouvelle. Si vous profitez de son appel pour être désagréable et le gronder d’appeler si peu, vous renforcez la probabilité que l’appelle ne se renouvelle pas.

Le renforcement est relatif au sujet auquel il est appliqué. La pluie sera un renforcement positif pour un canard, et négatif pour un chat.

Le bon moment pour renforcer un comportement

Le moment où la récompense est donnée est crucial. La récompense (ou le stimulus aversif) doit se produire au moment où le comportement se produit. Trop tôt, on renforce d’avoir seulement essayé. Trop tard, on récompense déjà un autre comportement.

La taille du renforcement

Quelle est la taille idéale d’une récompense alimentaire ? Réponse : aussi petit que possible, tout en étant assez gros pour préserver l’intérêt de l’animal.

D’abord, parce qu’une petite récompense permet d’éviter d’attendre trop longtemps que l’animal ait fini de mâcher. Ensuite, cela permet de donner davantage de récompenses avant que l’animal arrive au point de satiété.

Le « Jackpot »

Le jackpot est une récompense d’une taille inhabituelle, beaucoup plus importante que la normale. Sa taille doit surprendre et interpeller le sujet.

Le jackpot peut être utilisé dans le cas d’un gros effort de la part de l’animal, ou d’un progrès capital dans le procédé d’acquisition d’un comportement. Par exemple : le cheval tient la jambette beaucoup plus longtemps que d’habitude.

Le renforcement conditionné

Comme exposé précédemment, le renforcement positif doit se produire exactement au même moment que le comportement. Difficile de donner un poisson à un dauphin au moment où il est en train de réaliser un saut (ou de récompenser un cheval lors d’un travail à distance en liberté).

C’est pourquoi le démarrage d’un entraînement au renforcement positif commence toujours par l’établissement d’une association entre un signal et la récompense. On utilise alors le signal au moment où le comportement souhaité se produit et lorsque l’association entre le signal et la récompense, le signal prend la signification de « tu as gagné la récompense ». A tel point que l’on peut bientôt se permettre un délai entre signal et récompense : le renforcement est alors conditionné.

Le renforcement conditionné est fréquent dans notre quotidien : les émotions positives ou négatives qui nous envahissent lorsqu’on entend la musique de Noël, qu’on sent l’odeur du cabinet dentaire, qu’on voit les coupes et flots de nos victoires.

Le clicker, petite boîte plastique émettant un « clic » caractéristique, est un des outils les plus populaires pour créer un conditionnement renforcé chez les animaux domestiques : chien, chat, chevaux, oiseaux…

Voilà à quoi ressemble un clicker, l’outil du renforcement conditionné

Le signal « Continue ! »

Généralement, le signal associé à une récompense constitue un marqueur de fin de comportement. L’animal peut arrêter le comportement en cours et recevoir sa récompense.

Cependant, il peut être utile d’établir un signal différent pour indiquer à l’animal « tu es sur la bonne voie, continue ».

Signaux aversifs conditionnés

On peut également conditionner un sujet à associer un signal avec un événement aversif, dans le cadre d’un apprentissage. Cela sera bien plus efficace qu’une menace. Prenez un chat en train de faire ses griffes sur le canapé. Arrosez le chat d’eau en disant « non ». Le « non » sera irrémédiablement associé à la sensation désagréable de l’eau et par la suite, il vous suffira de lui dire « non » pour le faire fuir du canapé quand bon vous semblera.

Programme de renforcement

On croit souvent que le renforcement positif consiste à donner des carottes éternellement à son cheval. En fait, une fois que le marqueur est bien intégré (c’est-à-dire que le clic bien associé à la récompense) et qu’un comportement donné est bien acquis, il est essentiel d’inclure un certain degré de variabilité et d’imprédictibilité au schéma de renforcement : vous allez distribuer des récompenses aléatoirement. Cela tient en éveil l’intérêt de l’animal, et c’est bien plus efficace pour maintenir les acquis qu’une récompense systématique.

Une exception : les comportements impliquant la résolution d’un problème, comme par exemple le choix d’un objet spécifique parmi plusieurs objets. L’animal a besoin de savoir à chaque fois qu’il a choisi le bon objet, sans quoi, il y perdrait rapidement son latin.

Comportements de longue durée

Outre la récompense aléatoire, il est également possible de renforcer plusieurs fois un schéma identique afin qu’il soit reproduit en chaîne par l’animal. Par exemple, pour amener un dauphin à exécuter 6 sauts d’affilée, on récompensera tous les 6 sauts.

Comportement superstitieux et renforcement accidentel

Vous avez déjà entendu parler des rituels quasi maniaques que peuvent avoir certains sportifs de haut niveau ? (Si ce n’est pas le cas, lisez l’histoire des 19 tocs de Rafael Nadal). Nous en avons tous : un bijou porte-bonheur, une chemise favorite pour les entretiens importants, un rituel de relacer ses chaussures juste avant de s’élancer dans une course…

Ce genre d’association non prévue arrive fréquemment lors de l’entraînement d’un animal : l’animal repère un geste non intentionnel de notre part et le prend pour une part de la demande. Ou alors, il commence par proposer une mauvaise réponse, enchaîne sur la bonne réponse, reçoit une récompense et réexécute l’enchaînement de la mauvaise puis de la bonne réponse.

Ainsi, lorsqu’on entraîne un animal à l’aide du renforcement (positif ou négatif), il est important de rester attentif aux schémas qui se mettent en place.

Les possibilités fabuleuses du renforcement positif

Le renforcement positif ne s’utilise pas que pour entraîner un animal. On peut l’utiliser dans de nombreuses situations de la vie quotidienne. Pour nous inspirer, Karen Pryor a regroupé dans ce chapitre des anecdotes étonnantes. Voici celle qui m’a le plus marquée :

Une jeune femme épouse un homme qui se révèle autoritaire et exigeant. Pire encore, le père de son mari, d’un tempérament similaire, vit avec le couple. La mère de la jeune épouse (qui a raconté l’histoire à Karen Pryor) est terrifié en découvrant la façon dont sa fille est traitée. La fille lui répond : « ne t’inquiètes pas, attends et tu verras ». Et elle s’applique alors à répondre le minimum aux ordres et aux remarques désagréables, et à renforcer par des marques d’affection la moindre tendance des deux hommes à se montrer aimable et raisonnable. Un an plus tard, elle a changé père et fils en êtres humains décents. Ils l’accueillent avec des sourires quand elle revient à la maison et bondissent pour l’aider avec les courses.

Le renforcement appliqué à soi-même

Une application souvent négligée et sous-estimée : le renforcement appliqué à soi-même. Se complimenter soi-même, s’offrir une pause, s’offrir une cigarette, une cuillère de beurre de cacahuète sont des exemples de renforcement appliqué à soi-même.

2 – Le Shaping : développer de super performances sans effort ni douleur

Note : on pourrait traduire le mot « Shaping » par « façonnage de comportement ». J’ai fait le choix de garder le mot anglais « Shaping » pour cet article.

Qu’est-ce que le Shaping ?

Dans le premier chapitre, nous avons vu ce qu’est le conditionnement opérant et le renforcement positif, et comment l’utiliser pour capter un comporter et renforcer sa fréquence d’apparition. Maintenant, comment développer un comportement ou une séquence de gestes qui n’a aucune chance d’apparaître de lui-même ?

Pour cela, on va développer le comportement en récompensant une série d’étapes intermédiaires. Un dauphin sautant à travers un cerceau ou un chien mettant une balle dans un panier de basket sont des exemples de comportement développés grâce au shaping.

Le succès d’un travail de shaping dépend non de notre expertise, mais de notre persistance. Cela dit, une planification correcte du Shaping peut accélérer énormément le process. Voyons donc comment le développer dans ce chapitre.

Méthodes vs Principes

Il faut s’intéresser aux deux composants du Shaping :

  • La méthode, c’est-à-dire la séquence d’étapes qui va permettre de réaliser un geste/comportement donné,
  • Les principes régissant comment, quand et pourquoi les comportements sont renforcés.

Les 10 lois du Shaping

Ces 10 lois sont issus des théories du conditionnement opérant, que Karen Pryor complète par des éléments issus de son expérience :

  1. Augmenter chaque critère par incrémentation suffisamment petite, afin que le sujet ait toujours une chance réaliste de gagner une récompense (si vous en demandez trop d’un coup, et que le cheval ne comprend pas comment gagner une récompense, il se fâche, perd patience ou intérêt),
  2. Ne pas rajouter deux critères simultanément : se concentrer sur un seul à la fois,
  3. Au cours du Shaping, mettre la dernière étape réalisée sur un schéma de renforcement variable avant de rajouter un nouveau critère ou d’élever les exigences du critère en cours,
  4. Lors de l’introduction d’un nouveau critère, relâcher temporairement les exigences des autres critères,
  5. Imaginer d’abord le plan de shaping complet, de manière à ce que, si le sujet fait un progrès brutal, vous savez quoi renforcer ensuite,
  6. Ne pas changer d’entraîneur en cours de route pour un même comportement. Il est possible d’avoir plusieurs entraîneurs pour un même sujet, mais un seul entraîneur doit développer un comportement donné,
  7. Si une méthode ne donne pas de résultat, essayer autre chose,
  8. Eviter d’interrompre une session gratuitement. Cela constitue une punition,
  9. Si un comportement se détériore, revoir rapidement chacune des étapes faciles et les renforcer
  10. Terminer chaque session sur quelque chose de très bien, de préférence sur une avancée dans l’obtention du comportement.

Le Jeu de l’Entraînement

Le Shaping est une compétence : connaître les règles, c’est bien. Pratiquer, c’est mieux. Voici un jeu que pratiquent les clickers trainers entre eux pour développer leurs compétences :

Un participant joue le rôle du sujet, l’autre joue l’entraîneur. Le sujet est invité à bouger dans la pièce, à être actif. L’entraîneur, définit un comportement à développer sur son sujet (écrire un nom au tableau, sauter sur une chaise, tourner sur lui-même…) et s’arme d’un marqueur (sifflet, clicker, voix). L’entraîneur renforce à l’aide de son marqueur tout comportement susceptible d’aller dans la direction qu’il souhaite, et façonne ainsi de fil en aiguille le sujet.

L’exercice est très utile pour comprendre les embûches de l’entraîneur et les frustrations auxquelles peut-être confronté « l’animal ».

Raccourcis du shaping : ciblage, mimétisme, modélisation

Le Shaping peut prendre du temps lorsque l’on se contente de « capter » un comportement existant. Pour aller plus vite, les entraîneurs disposent d’une panoplie d’outils.

Le ciblage consiste à enseigner à un animal à toucher une cible avec le nez – ou la partie de son corps de votre choix. En bougeant la cible, on parvient à amener l’animal à effectuer un parcours ou à se rendre dans des endroits où il n’irait pas de lui-même.

De nombreuses espèces apprennent par imitation. Si vous avez appris à l’un de vos chats à utiliser une sonnette, exposer vos autres chats au comportement du chat « savant » et récompenser l’imitation peut suffire.

Dans la modélisation, on guide le sujet manuellement dans un mouvement donné. Par exemple, l’entraîneur prend la jambe du cheval et le guide pour lui poser le genou à terre.

3 – Contrôle du stimuli : coopération sans coercition

Les stimuli

Tout ce qui cause une réponse comportementale est appelé un « stimulus« . Il ne s’agit pas nécessairement d’une réponse découlant d’un apprentissage : un bruit fort déclenchant un sursaut est un exemple de stimulus qui déclenche une réponse comportementale.

Établir un signal

Dans le travail conventionnel d’un animal, on commence par établir un signal : on dit « assis », et on force le chien à s’asseoir. La répétition permet au chien d’associer l’ordre au comportement attendu.

Ceci est un non sens du point de vue du conditionnement opérant : pourquoi demander au chien un ordre qu’il ne comprend pas encore ? On préfère l’amener au comportement, et établir un signal pour ce comportement une fois qu’il est installé et compris.

Contrôler le stimulus

Désormais, votre chien s’assoit lorsque vous lui dites « assis ». Le travail n’est pas fini, il reste à contrôler que le stimulus est compris. L’entraînement est considéré comme terminé seulement si ces quatre conditions sont remplies :

  1. Le comportement se produit immédiatement en présence du stimulus (le chien s’assoit quand on lui demande)
  2. Le comportement ne se produit pas sans stimulus (au cours d’une séance de travail, le chien ne s’assoit pas de lui-même pour demander une récompense)
  3. Le comportement ne se produit jamais en réponse à d’autres stimulus (le chien ne s’assoit pas quand vous lui dites « couché »)
  4. Aucun autre comportement ne se produit en réponse à ce stimulus (le chien ne tourne pas sur lui-même quand vous lui dites « assis »)

Quel genre de signal ?

Le type de signal n’a pas d’importance. N’importe quel stimulus que le sujet est capable de percevoir peut devenir un signal acquis : drapeau, son, lumière, vibration…

Il est tout à fait possible d’utiliser plusieurs signaux différents pour demander le même comportement, et cela s’appelle un transfert de signal. La recette est simple : vous présentez la nouvelle commande à l’animal, puis un instant plus tard la commande déjà bien connue, de façon à ce que le comportement se produise. Vous répétez souvent, en rendant l’ancienne commande de moins en moins évidente et en mettant l’accent sur la nouvelle. L’animal apprendra bientôt à répondre à la nouvelle commande, et il répondra toujours à l’ancienne commande présentée seule.

Magnitude du signal et déclin

Les commandes apprises ou les signaux n’ont pas besoin d’être d’une taille ou d’un volume particulier. Vous voyez un feu rouge, vous vous arrêtez. Vous ne vous arrêtez pas plus vite ou plus lentement en fonction de la taille du feu.

Une fois qu’un stimulus est acquis, il est possible de le rendre de plus en plus petit, jusqu’à ce qu’il soit à peine perceptible, et d’obtenir tout de même le comportement appris. C’est ainsi que l’on parvient à obtenir de véritables « tours de magie » avec des animaux qui semblent d’eux-mêmes se mouvoir d’eux-mêmes, grâce aux signaux subtils donnés par l’entraîneur.

Ciblage

Entraîner son animal à toucher une cible avec son nez est un très bon exercice pour débuter le renforcement positif. Il permet aussi facilement de faire découvrir les principes à l’entraîneur qu’à l’animal. Il est aisé de renforcer exactement quand l’animal touche la cible, mais aussi d’incrémenter petit à petit les critères : toucher la cible à 2 cm du nez, puis à 4 cm, vers la gauche, vers la droite, vers la haut, vers le bas, puis en avant, puis faire suivre la cible à l’animal.

Stimuli aversifs conditionnés servant de signaux

Un stimulus aversif, lorsqu’il devient un signal pour éviter un événement désagréable, peut non seulement réduire le besoin d’une intervention physique, mais également supprimer le comportement en l’absence de l’entraîneur.

Karen Pryor prend l’exemple de son chien, qui avait pris la mauvaise habitude de jouer avec les corbeilles à papier et déverser leur contenu sur le sol. Karen ne voulait ni punir son chien, ni remettre constamment sa maison en ordre. Elle a rempli un vaporisateur d’eau qu’elle a parfumée à la vanille : odeur forte mais agréable pour elle-même, et contenu pas dangereux pour son chien. Et elle l’a vaporisé dans la figure du chien. Le chien s’est enfui, consterné. L’odeur de la vanille, d’abord neutre, est immédiatement devenu un stimuli repoussant. Vaporiser ses corbeilles à papier d’odeur de vanille tous les trois mois a suffi a éloignement durablement le chien. Mieux encore : Karen n’a jamais eu besoin de vaporiser une seconde fois la tête de son chien.

Offre à durée limitée

Vous avez réussi à apprendre un comportement à votre sujet, mais il se passe un grand laps de temps entre le moment où vous produisez le signal et le moment où le sujet daigne s’exécuter. Il existe une technique pour l’inciter à offrir une réponse plus rapidement : lui faire une offre à durée limitée. Il suffit de déterminer l’intervalle de temps que vous laissez à votre sujet pour répondre, et de ne pas offrir de renforcement lorsque l’intervalle est dépassé.

Anticipation

Un problème fréquemment rencontré avec le renforcement positif est celui du sujet qui anticipe. Pressé d’obtenir la récompense, il propose le comportement avant même que l’entraîneur ait eu le temps de donner le signal. Un peu comme un sprinter qui n’attendrait pas le tir du départ.

Un moyen de dissuader l’anticipation, lorsqu’elle survient, est de stopper toute activité : ne donnez aucun signal et ne bougez plus pendant une minute complète. L’excitation, devenant la cause du délai du début du travail, est ainsi pénalisée.

Les stimuli qui deviennent renforcement : chaînes de comportement

Une fois qu’un stimulus conditionné est établi, un phénomène intéressant survient : il devient aussi un renforcement. En effet, le stimulus, signalant l’opportunité d’un renforcement, devient désirable pour le sujet. On peut donc renforcer un comportement en présentant le stimulus pour un autre comportement.

Prenons l’exemple d’un chat qui reçoit une récompense s’il vient à moi lorsque je lui dis « viens ». Il connaît le mot et y répond bien. Maintenant, si je lui dis « viens » à chaque fois qu’il est assis sur la cheminée, je renforce la probabilité qu’il vienne s’asseoir sur la cheminée, dans l’attente de l’opportunité de se faire proposer de venir à moi et de recevoir une récompense.

C’est ainsi que l’on développe des comportements en chaîne. Nous pouvons créer des comportements en chaîne hétérogènes (une suite de comportements différents) ou homogènes (le même comportement répété un certain nombre de fois, comme les dauphins exécutant six sauts d’affilée).

Contrôle de stimulus généralisé

Avec la plupart des animaux, le premier apprentissage prend généralement du temps, mais après trois ou quatre comportements placés sous contrôle de stimuli, l’animal tend à généraliser, à conceptualiser, qu’en offrant un comportement donné pour un stimulus donné, il reçoit une récompense. L’apprentissage de nouveaux comportements et de nouveaux signaux devient alors plus rapide.

Fossés et grandes colères pré-apprentissage

En plaçant un comportement sous contrôle de stimuli, on peut généralement observer un phénomène que Karen a appelé le « fossé pré-apprentissage ».

Admettons que vous ayez enseigné à votre cheval la révérence. Le geste est parfait, il ne reste plus qu’à placer un signal qui va indiquer au cheval que vous lui demandez d’exécuter cette révérence. Et soudain, votre cheval ne répond plus, voire se comporte comme s’il n’avait jamais appris à faire la révérence.

Inutile de préciser que ce phénomène est frustrant pour l’entraîneur. Mais il l’est surtout pour le sujet, un peu comme lorsque l’on lutte avec un problème de maths que l’on comprend à moitié et dont on sait qu’on est presqu’arrivé au bout.

D’expérience, Karen a appris à voir ce « fossé » ou ces « colères » comme un signe que l’apprentissage est effectivement en cours. Mais un entraîneur compétent doit être capable d’enseigner en épargnant au sujet de telles frustrations.

Les usages du contrôle de stimulus

Pour conclure ce chapitre sur le contrôle de stimulus, Karen Pryor souligne qu’abuser de commandes conditionnées n’est pas souhaitable : humains et animaux ne sont pas des machines. Le sujet entraîné au renforcement positif peut ressembler à un élève discipliné. En réalité, Le seul qui a eu besoin de devenir discipliné est l’entraîneur : les individus qui comprennent les principes du contrôle de stimuli évitent de donner des instructions inutiles, des commandes déraisonnables ou incompréhensibles, ou des ordres qui ne peuvent être exécutés. Le bon contrôle de stimuli n’est rien d’autre qu’une communication honnête et juste.

Notes & réflexions

J’utilise le renforcement positif depuis environ 5 ans avec mon propre cheval. Prudente dans son utilisation, j’ai d’abord beaucoup lu sur le sujet et passé de longues soirées à éplucher Youtube à la recherche d’exemples, de modèles à reproduire, et de mauvaises utilisations à éviter.

L’étude de cet outil, que j’utilise principalement à pied, a été pour moi l’occasion d’une observation accrue des expressions et réactions de ma jument, d’un entraînement intensif pour apprendre à saisir le « bon moment », de longues réflexions en quête du meilleur moyen de faire passer une étape, de corriger un mauvais comportement « cliqué » par erreur de ma part. J’ai découvert de fil en aiguille, comme j’écrivais dans l’introduction, un facilitateur de communication extraordinaire qui participe aujourd’hui pleinement à la richesse de nos activités et de notre relation.

« Don’t shoot the dog » a été ma première lecture au sujet du renforcement positif et reste à ce jour la plus complète. Sa relecture, cinq ans plus tard, me fait prendre conscience de l’étendue de tout ce qu’il me reste à explorer dans son usage : je suis sur la partie émergée de l’iceberg !

Si le sujet vous intéresse et que vous lisez un tant soit peu l’anglais, je vous encourage chaleureusement à vous procurer « Don’t shoot the dog » : le livre est truffé d’exemples et de détails qui font qu’on apprends de nouvelles choses à chaque relecture. En attendant, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour être tenue au courant dès que la seconde partie de ce résumé sera mise en ligne.

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5 romans équestres oubliés

Retour des  beaux jours = lecture de romans équestres, allongée dans l’herbe fraîche. Voilà une équation printanière à laquelle je ne déroge pas.

Les Souvenirs équestres de François Baucher vous ont laissé sur votre faim ? Vous connaissez par coeur le Milady de Paul Morand ? Vous avez déjà relu tout Jean-Louis Gouraud ? Vous êtes en manque d’une émotion équestre littéraire nouvelle, mais qui conserve le charme de ces temps passés où le Cheval, c’était tout dans une vie ? Dans cet article, je vous dévoile quelques trésors oubliés que j’ai eu la chance de découvrir sur Gallica (ou ailleurs).

Le comte de Lancosme-Brèves, par Henri Navelet

Comte de Lancosme-Brèves

Un petit bouquin de 80 pages plein d’illustrations, qui raconte la vie fabuleuse du Comte de Lancosme-Brèves à coups de prouesses fantastiques du type :

« On le vit à Paris descendre de l’Etoile aux Tuileries sur un cheval sans bride, galopant à rebours avec la vitesse qu’un bon trotteur atteignait à peine. »Le comte de Lancosme-Brèves, Henri Navelet

Ou encore :

« Un jour, il gagna le prix d’une course de 32 kilomètres (32 kilomètres !), parcourus en moins de 52 minutes. »Le comte de Lancosme-Brèves, Henri Navelet

(Ne vous fatiguez pas à calculer, je l’ai fait pour vous : ça fait du 37 km/h environ)

A côté, l’étalon noir de notre bibliothèque verte fait figure de petit joueur. Bref, distrayant.

Cliquez ici pour télécharger « Le comte de Lancosme-Brèves » sur Gallica >

Le roman de l’écuyère, par la Baronne de Rahden

Couverture du livre "Le roman de l'écuyère", un roman équestre oublié

La baronne de Rahden n’a pas toujours été baronne. Elle n’est pas née destinée à une carrière d’écuyère offrant des représentations à Copenhague, à Paris, à Turin, à Lisbonne…, jusqu’à à monter son propre cirque. Son histoire, c’est l’histoire d’une jeune fille provenant d’une bonne famille ruinée qui décide de tenter une carrière d’écuyère plutôt que de se marier ; c’est l’histoire d’une femme qui, en poursuivant son rêve, vogue une vie durant entre succès et désillusions.

De l’obstination passionnée dans laquelle de nombreux cavaliers se reconnaîtront :

« Mon père avait toujours d’élégants équipages et de superbes chevaux de selle. Chose étrange ! Je me sentais bien plus attirée et intéressée par les chevaux que par les relations avec les amies de mon âge ou d’autres distractions. En grandissant, je n’avais d’autre désir que celui d’être autorisée à suivre mon père dans ses promenades à cheval. »Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

Du danger :

« On m’offrit le rôle dangereux de Mazeppa qui, lié sur son cheval, traverse, en une course furieuse, l’affreux désert du steppe. C’était une course mortelle, dans toute l’acception du mot. Le cheval qui me portait escaladait tous les soirs, au triple galop, une terrasse abrupte, formée par une rampe étroite. Un faux pas de l’animal, un bruit imprévu, ou quelque incident dans la salle qui l’effrayât, et j’étais fracassée avec lui. »Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

Et de l’humour malgré tout :

« Madame, dit-il, votre numéro est brillant. Vous avez plongé le public dans le ravissement. Je vous engage pour cinq mois. Mais la partie la plus ébouriffante a été votre fameux truc, la culbute en arrière avec votre cheval ! C’est vraiment unique, superbe ! »

Je regardai avec ébahissement ce brave connaisseur d’hommes et de chevaux.

« Ecoutez, monsieur le Directeur, vous appelez cela un truc ! Je remercie le bon Dieu de m’en être tirée les membres intactes et la vie sauve ! »

Ce bon M M……. demeura tout saisi et décontenancé…Le roman de l’écuyère, Baronne de Rahden

Cliquez ici pour télécharger « Le roman de l’écuyère » sur Gallica >

Histoire d’un cheval, par le Comte Dillon

« Il ne m’appartient pas, ici, de rédiger un précis d’équitation ou de dressage, il en existe de parfaits. J’exposerai les faits saillants de l’existence de Fantôme, montrant ainsi ce qu’on peut obtenir d’un cheval et les joies qui en résultent. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

Fantôme monté par le roi d'Italie

Fantôme, c’est un cheval un peu difficile qui, sous l’égide de son dresseur, devient premier de la classe. Je n’en dirais pas plus, je vous laisse avec ces quelques passages qui, je l’espère, suffiront à vous mettre l’eau à la bouche.

 

Du beau dressage :

« PROGRAMME

Arrivée au passage accéléré. Salut à MM. les membres du Jury. Travail au galop comprenant : des serpentines avec trois changements de pied sur la ligne droite, le quatrième sur la piste.

Des contre-changements de main avec deux changements de pied tous les deux temps sur tout le pourtour du manège. Détente au galop, ralentissement.

Galop en arrière en arrivant devant le Jury, détente brusquée au galop avec allongement d’allure rapide, ralentissement, puis au pas et reprise du passage avec allongement et ralentissement. Arrêt. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

De la mignonnerie la plus délicieuse :

« Je vous remercie mille fois des éloges que vous avez eu la bonté de m’exprimer ; je suis heureux d’avoir pu vous être agréable ; Fantôme les mérite plus que moi, veuillez lui faire une caresse, je suis certain qu’il la comprendra, il y a toujours été très sensible. »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

Du bon cheval d’extérieur :

« J’étais fort ennuyé. Toutefois, il m’avait semblé que Fantôme durant le parcours que je venais d’effectuer avait mis une certaine résistance lorsque j’avais pris une allée qui me semblait être dans la direction de Compiègne.

J’eus l’idée de le laisser aller là où il voudrait, pensant qu’en tout cas, il me mènerait quelque part en dehors de la forêt où nous pourrions nous abriter et dîner.

Il partir et environ une heure après j’arrivais à Compiègne ! »Histoire d’un cheval, Comte Dillon

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Aventurières et courtisanes, par Roger de Beauvoir

mlle Caroline Loyo, dont les aventures et le talent ont fait rêver Paris

« Aventurières et courtisanes », c’est un ouvrage de plus de 300 pages paru en 1859. Il contient près d’une vingtaine de nouvelles relatant les péripéties de femmes, comme l’indique le titre, aventurières.

L’une de ces nouvelles relate la folle épopée de Caroline Loyo (première écuyère de haute-école au cirque et élève de Baucher) et de son cheval Mahmoud partants à la conquête de Londres (à l’époque, il n’y avait pas l’Eurostar).

Juste un passage, en guise de mise en bouche :

« Je vais donc quitter Paris, reprit-elle, Paris que j’aimais, que je déteste maintenant ! Je vais m’enfuir seule, seule au monde avec Mahmoud ! Londres, m’a-t-on dit, possède un cirque d’été comme il n’en existe pas à Paris ; (…) partons, je reviendrai riche ! »Aventurières et courtisanes, Roger de Beauvoir

Vous trouverez l’histoire de Mahmoud à partir de la page 65 et de la page 71 : attention, il y a un piège : un petit mélange, au début, entre les pages de Mahmoud et celle de la nouvelle suivante (ou précédente ?) Lolla Montès.

Cliquez ici pour télécharger « Aventurières et courtisanes » sur Gallica >

Koenigsmark, de Pierre Benoît

Koenigsmark, de Pierre Benoît est un livre que j’ai déjà mentionné à l’occasion de ma nomination aux Liebsters awards. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman équestre, mais les aventures, en filigrane, de la duchesse Aurore et de son « sacré petit barbe » m’ont ravi. Lisez plutôt :

« – La grand duchesse me paraît bien calme aujourd’hui comme écuyère, lui dit-il.

– Y pensez-vous, répondit la jeune fille, haussant les épaules sans retourner la tête. Elle a fait verser deux bouteilles d’extra dry dans l’avoine de Tarass-Boulba. C’est vous dire.

– Tarass-Boulba. C’est son cheval ? demandai-je.

– Oui, un sacré petit barbe, vous le voyez, poilu comme une descente de lit. Elle a ramené ça des marais de la Volga. Laid, méchant, têtu. Toujours est-il qu’il n’y a qu’elle qui peut le monter. Il menace d’enlever la figure aux palfreniers. Elle, elle en fait ce qu’elle veut. »Koenigsmark, Pierre Benoit

Cliquez ici pour télécharger Koenigsmark sur Archive.org >

Bonus : Histoires vécues, par Jean-Max Lecaille

PS : ok, j’avais dit 5, mais je ne résiste pas.

Quelqu’un se souvient des petites anecdotes de Jean-Max Lecaille ? Vous savez, celles qui paraissaient dans Cheval Mag. Mais si. Bon, il faut que je l’avoue, j’ai moi-même très peu lu Cheval Mag. Mais une amie m’a prêté récemment ces deux tout petits bouquins : « Histoires Vécues » et « Le paradis est à cheval« . Quel régal !!!

Et vous, vous avez des bons plans lecture à me recommander ?

Maintenant que je vous ai donné tous mes bons plans, à vous ! Je suis en galère de lectures distrayantes, aidez-moi 🙂

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De la nuance entre dresser un cheval et éduquer un cheval

Un article de réflexion de l’excellent blog « Juste avec mon cheval » m’a fait, justement, réfléchir. Je trouve que le sujet est passionnant, et je me permets donc d’exposer ici à mon tour ma propre réflexion, en toute humilité.

L’article en question est : éducation ou dressage, quelle différence ?

Dans l’article, les rôles de l’éducation et du dressage se répartissent grosso-modo comme suit :

  • Education = enseignement au cheval d’un bon comportement vis à vis de l’homme = travail à pied
  • Dressage = enseignement au cheval de son métier de cheval, c’est à dire obéir aux demandes de son cavalier = travail en selle

A cette vision, j’oppose la suivante :

  • Education = respect de l’homme, capacité à faire connaître son point de vue d’une façon qui n’est pas dangereuse ni risquée pour l’homme (l’homme a bien entendu de son côté le devoir d’être suffisamment à l’écoute pour entendre le point de vue du cheval avant que celui-ci ne se sente contraint de « crier », mais je passe sur le sujet, qui n’est pas du tout le propos de cet article)
  • Dressage = rendre droit (comme son étymologie l’indique). Il s’agit de faire en sorte que le cheval se sente bien dans son corps, afin, en particulier, de vivre mieux son « métier » de cheval. Le dressage consiste à travailler sur l’équilibre du cheval de manière à le muscler harmonieusement tout en corrigeant les dissymétries de façon à ce que le cheval porte le cavalier avec davantage de facilité, se sente mieux dans son corps. Il n’est pas exclusivement tourné vers le bien-être du cheval, soit dit en passant, puisqu’un cheval dressé est bien plus confortable pour son cavalier.

On peut éduquer sans dresser.

On peut éduquer un cheval à se comporter comment on le souhaite à pied ou en selle, sans pour autant lui montrer comment il peut nous porter sans se faire mal et comment rendre plus confortable le fait de porter un cavalier.

Répondre à des commandes, qu’elles soient vocales, tactiles ou autre, pour moi, est de l’ordre de l’éducation.

Exemples d’objectifs de l’éducation :

  • rester calme en toutes circonstances,
  • ne pas devenir un danger pour l’homme en cas de manifestations de joie ou de frayeur,
  • céder aux demandes de l’homme en selle ou en main avec bonne volonté,
  • faire connaître son avis poliment,
  • se laisser attraper au pré
  • se laisser mener en main,
  • monter dans un van,
  • partir au pas, au trot ou au galop à la demande du cavalier

On ne dresse pas sans intervenir dans l’éducation

En revanche, on peut difficilement entreprendre le dressage du cheval si celui-ci n’a pas reçu un minimum d’éducation, s’il n’est pas à l’écoute de son dresseur, s’il ne tolère pas ses demandes.

L’éducation vient avant le dressage, elle l’englobe.

Les compétences pour dresser vs les compétences pour éduquer

Les compétences qui permettent au cavalier d’éduquer un cheval sont différentes de celles qui lui permettent de le dresser. Pour éduquer le cheval, il est nécessaire de le comprendre : de connaître son mode de vie, la façon dont il pense, ce qui le motive, ce qui peut l’inquiéter, ce qui peut l’ennuyer. Ces connaissances, alliées à une observation minutieuse et une grande patience, permettent d’établir une communication avec l’animal.

Les compétences pour dresser se superposent à celles pour éduquer. Dresser nécessite toutes les compétences de l’éducateur, puisqu’on ne peut pas demander quoi que ce soit au cheval sans prendre en compte sa psychologique, ses capacités d’apprentissage et de concentration. De solides notions de biomécanique équine et de conditionnement physique, associé à beaucoup d’expérience, permettront au dresseur de savoir quoi demander au cheval pour le rendre droit et améliorer sa locomotion naturelle dans le travail monté.

Exemples d’objectifs dans le dressage :

En synthèse

Si je devais résumer ma pensée en une phrase : l’éducation n’est pas du dressage, mais le dresseur doit d’abord être un éducateur.

Voilà, j’ai apporté ma petite pierre à l’édifice, j’espère que vous rebondirez également sur ces réflexions, et que, si un désaccord survient, nous l’accepterons sans s’entrefustiger inutilement ^^

Photo par Verónica Bautista

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Liebster awards 2017

Thebaine.fr a l’honneur d’avoir été doublement nominé aux liebster awards 2017 🙂

Pour ceux qui ne connaissent pas, le Liebster award est, comme son nom ne l’indique pas, un tag qui permet aux blogueurs d’envoyer de l’amour à d’autres blogs et de les faire découvrir à leurs lecteurs. Le principe est de répondre aux 11 questions du bloggueur qui vous a taggué, et de poser ensuite 11 nouvelles questions à 11 blogueurs auxquels on voue une adoration absolue et que l’on veut faire connaître à tout le monde.

Les questions de Equestrement

Merci pour cette nomination à Mathilde de Equestrement, dont les premiers articles sont prometteurs.

Pourquoi ce blog ?

Pour apporter ma petite contribution au monde en promouvant ce en quoi je crois.

Si tu devais inclure deux habitudes dans ton quotidien, ce serait lesquelles ?

  1. Noter mes rêves tous les matins
  2. Manger des oeufs brouillés et des légumes au petit dej, plutôt que mon muesli habituel. Peut-être que j’y arriverais un jour.

Décris-toi en trois mots

Passionnée, curieuse, active

Quel est ton article préféré ?

Toujours celui qui est en cours d’écriture ^^

Cite-nous cinq femmes qui t’inspirent ou que tu admires.

  1. danah boyd, pour son engagement, ses publications, ses travaux, sa personnalité. Une grande inspiration depuis mon adolescence.
  2. Caroline Loyo, pour sa capacité à s’être imposée dans un monde masculin, et à avoir féminisé un job masculin avec brio
  3. Marissa Mayer, pour des raisons comparables
  4. Nicole Viloteau, pour les aventures incroyables qu’elle a vécu et rapportées
  5. Maria Popova, pour sa puissance de travail et de synthèse dans de nombreuses disciplines

Quelles sont tes dernières lectures ?

Savoir s’étirer de Christophe Carrio, Nouvelles de Christopher Priest, Méthode de Haute-Ecole de Raabe.

Quel est ton talent ?

Il y a longtemps, lors d’une croisière familiale en catamaran, nous faisions une traversée de nuit. Par malchance, la mer était franchement houleuse et l’autopilote était inutilisable. Nous nous sommes donc relayés deux par deux pour prendre la barre et tenter de rester sur la route malgré la tempête. Parfaitement novice, j’ai été capable de tenir la barre en conservant le bateau relativement stable dans les vagues et en maintenant un cap d’une façon quasi professionnelle. C’est la seule fois où j’ai manifesté un talent presqu’inné pour quelque chose, et c’est hélas parfaitement inutile dans la vie de tous les jours. Non, l’encolure de ma Thébaine n’est pas un gouvernail.

Quelle est la citation qui te motive au quotidien ?

Je n’ai pas vraiment besoin de scander pour agir, mais si j’y réfléchis, c’est Just do it qui me vient à l’esprit ^^ Rien à ajouter, rien à retirer – je ne suis pas fan de la marque qui s’y associe, mais ce slogan est parfait.

Où tu te vois dans 10 ans ?

Entourée de gens que j’aime et qui m’aiment et de chevaux et de livres.

Que penses-tu des gens qui font de leurs passions leurs métiers ?

Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Tout dépend des gens, des passions, et de comment ils choisissent de monétiser cette passion…

As-tu un conseil à ceux qui doutent d’eux même et de leurs capacités ?

Just do it.

Les questions de l’Art d’Être Centaure

Merci à Honorine de L’Art d’Être Centaure, pour sa nomination et ses questions. Mais surtout pour son site fabuleusement riche d’anecdotes, d’articles, de biographies, de citations, et d’images qui éveillent toujours mon intérêt.

Une scène de livre ou de film qui vous fascine ?

« – La grand duchesse me paraît bien calme aujourd’hui comme écuyère, lui dit-il.

– Y pensez-vous, répondit la jeune fille, haussant les épaules sans retourner la tête. Elle a fait verser deux bouteilles d’extra dry dans l’avoine de Tarass-Boulba. C’est vous dire.

– Tarass-Boulba. C’est son cheval ? demandai-je.

– Oui, un sacré petit barbe, vous le voyez, poilu comme une descente de lit. Elle a ramené ça des marais de la Volga. Laid, méchant, têtu. Toujours est-il qu’il n’y a qu’elle qui peut le monter. Il menace d’enlever la figure aux palfreniers. Elle, elle en fait ce qu’elle veut. »

Koenigsmark, de Pierre Benoît

« Poilu comme une descente de lit », une comparaison qui résonne dans ma tête.

Un mot dont vous appréciez la musicalité

Apophénie

Qu’aimeriez vous apprendre/connaître ?

Tellement de choses ! Pour simplifier, je me permets de réduire ma réponse à mes intérêts équestres : je voudrais tout connaître et comprendre du cheval, de sa psychologie, son biomécanisme, et savoir comment interagir avec lui et le dresser sans porter atteinte à son intégrité.

Citez un de vos plaisirs quotidiens

Thébaine qui demande des grattouilles pendant le pansage. Elle a mis du temps à apprendre (ré-apprendre ?) à faire connaître son avis aux humains. Mais aujourd’hui, elle s’exprime 🙂

Quel est votre lieu culturel préféré ?

Le Musée d’Orsay, je pense. J’y suis allée plusieurs fois, enfant. Je n’ai aucun souvenir précis de ces visites, mais chaque fois que j’y retourne… Comment dire… C’est ma Madeleine de Proust.

Dans quel siècle auriez-vous aimé vivre ?

J’aime bien notre époque. Mais si je devais renaître autrement ? Peut-être le 19ème siècle, à Paris, l’âge d’or de l’art équestre.

Quel rapport entretenez-vous avec l’écriture ?

L’écriture m’est autant un mode d’introspection, d’apprentissage, que de partage.

Quel sujet aiguise toujours votre intérêt ?

Le cheval ! Et tout ce qui s’y rapporte. #hippomane

Le féminisme et les femmes dans l’histoire.

Un objet qui vous suit partout

Mon Midori traveler’s notebook. C’est un vrai truc de bobo, une sorte de reliure en cuir à laquelle on peut greffer un certain nombre de carnets que je truffe d’idées et dans lesquels je conserve aussi mes logs de séances équestres & fitness.

Une personne/ un personnage fictionnel que vous chérissez en particulier

Xéna la Guerrière xD

Sur quoi va porter votre prochain article ?

Je suis en train d’éplucher la « Méthode de Haute-Ecole » de Charles Raabe.

Et je nomine…

Voici les 11 blogs auxquels je souhaite envoyer de l’amour :

  1. Ecologie citadine, pour ses bons conseils aux urbains en mal d’éthique
  2. Horse connect, pour les fabuleuses aventures de Moricette, Pur Sang de compet
  3. Mon cheval me dit, dont j’apprécie l’esprit, la variété, et les livres
  4. Journal de bord de deux apprenties treckistes, journal fourre-tout d’une exploratrice éclectique et de sa petite jument
  5. Eroschevauxpassion, pour l’aperçu qu’elles nous offre des amazones du 19ème siècle
  6. Eduquer son cheval, pour le partage de son expérience et sa juste réflexion
  7. Equilife, pour ses idées d’exercices à cheval
  8. Thorgalou, dont les aventures me manquent beaucoup. Marion, publie !
  9. Le blog du bibliophile, qui nous offre une incursion dans le joli monde des amateurs de livres
  10. Reliure d’art rare, pour ses images de reliures et de bibliothèques qui font rêver
  11. Fitness Friandises, plein de bonnes idées fitness, en plus d’être drôle et pas prise de tête

Et voici les questions que je leur pose :

  1. Avez-vous bien dormi hier soir ?
  2. Si vous deviez porter un chapeau au quotidien, lequel choisiriez-vous ?
  3. En trois mots, que vous inspire le mot « Chocolat » ?
  4. La question que vous aimeriez qu’on vous pose ?
  5. Un site internet qui vous aide à procrastiner ?
  6. S’il ne fallait lire qu’un seul de vos articles ?
  7. Un animal mythologique qui vous fascine ?
  8. Votre madeleine de Proust ?
  9. Une habitude que vous aimeriez perdre ?
  10. La musique qui vous ranime en cas de coup de mou ?
  11. Sur une île déserte, vous n’emportez surtout pas…
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Fitness pour cavalier pressé et fauché

Petite digression des livres d’équitation, sujet plus personnel : je vous présente aujourd’hui un livre de musculation (pour humain), et comment il a amélioré ma vie de cavalière.

Ma petite histoire en quelques mots

La bougeotte et le sport a toujours fait partie de ma vie, de façon plus ou moins intense, avec des pauses occasionnelles. Quand j’ai fait l’acquisition de mon cheval, j’ai progressivement arrêté mes autres activités sportives pour lui consacrer la majorité de mon temps de loisir.

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Les pages disparues des Souvenirs équestres de Baucher

Vous aimez les histoires de chevaux et d’équitation, les ouvrages brefs, les manuscrits anciens, les livres joliment illustrés ? En guise d’interlude, entre deux résumés denses, j’aimerais faire découvrir un tout petit ouvrage délicieux à lire.

Installez-vous sous une couette (de rigueur en cette saison) avec un thé chaud et votre meilleur ordinateur. Je ne vais pas résumer ce petit livre. D’abord parce qu’il est si court que vous aurez plus vite fait de le lire directement. Ensuite parce qu’il est si impeccablement synthétique que le résumer ne ferait que lui ôter toute sa substance.

Voici tout de même une brève présentation (sans spoilers) : trois chevaux qui ont marqué la carrière de Baucher sont présentés. À travers ces Souvenirs équestres, vous découvrirez les difficultés initiales de chaque cheval, et ce que le dressage leur a permis d’accomplir. Pour chaque cheval, 8 descriptions, assorties chacune d’une illustration. Les descriptions sont manuscrites, de cette élégante écriture soignée que seuls ceux qui n’ont connu que le papier sont capables.

>>> Cliquez sur ce lien pour télécharger « Souvenirs équestres » de François Baucher.

Au cours de votre lecture, vous rencontrerez des pages hélas disparues. Si vous avez la chance d’avoir une copie incluant ces pages, n’hésitez pas à me contacter !

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Principes classiques, par Nuno Oliveira

J’ai le plaisir de vous partager, sous la forme d’un résumé, l’un des textes de maître Nuno Oliveira : Principes classiques de l’art de dresser les chevaux. L’ouvrage est concis et agréable à lire. Si vous ne connaissez que peu le dressage classique, vous y trouverez une excellente introduction à la progression et au travail du cheval. Si vous baigné déjà dedans, il offre une vue de la philosophie générale à suivre pour continuer à progresser.

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